lundi 21 novembre 2011

La Reine vit toujours.


Mes premières émotions me portent toujours indéniablement vers la danse. Les créations contemporaines sont modernes parce qu'elles sont critiques. La danse a depuis longtemps pris le pli de la modernité par l'insécurité des mouvements, la distorsion, la disparition même de la danse dans la danse. Le nouveau directeur chorégraphique du Ballet du Capitole, Kader Belarbi, lui, choisit de renouer avec le passé, de créer à partir des formes anciennes du ballet classique en adaptant cette pièce de Montherlant: La Reine Morte. Le théâtre classique ne trouverait pas sa traduction en modernité, et pourtant... La pièce semble avoir été écrite pour en faire un ballet où l'amour est toujours impossible dans la confrontation des corps en action.
Mais ici, quand les costumes classiques (et superbes!) s'immobilisent dans la pénombre, la reine sort de son corset et se libère au souffle de la modernité. C'est dans cette obscurité et dans cette immobilité que seuls le roi et la reine semblent avoir le droit de transcender les âges de la danse. Leur pouvoir les fait traverser le temps et danser comme nous. Lorsque la lumière se fait de nouveau, les scènes de cour reprennent leur classicisme, mais c'est l'amour à son tour qui transcende la danse dans le second acte.
Les ombres, les cages et leur inquiétante brume font apparaître des personnages d'un autre ciel qui rendent toute sa magie poétique et onirique à la danse. L'univers de l'entre deux mondes, celui du rêve éveillé, si cher au grand ballet classique, reprend ses droits dans une mise en scène époustouflante de beauté. Ainsi, la modernité ne serait belle que lorsqu'elle sort du classicisme sous nos yeux.. ?

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